Calligraphie arabe

Mercredi 26 août 2009 3 26 /08 /Août /2009 19:11
Un article du site www.egyptos.net


Si l’Egypte ancienne fascine toujours à notre époque, le mystère associé à son écriture doit en être l’un des principaux responsables. Avec plus de 3000 ans d’histoire, ce peuple a su traverser les siècles par le biais de son art et de son talent incomparable. Les hiéroglyphes, longtemps considérés comme de simples dessins décoratifs, en sont une des manifestations.


Selon toute vraisemblance, la civilisation égyptienne aurait développé son langage et son écriture tout à fait seule, en parallèle par rapport aux méthodes cunéiformes. En effet, les symboles graphiques employés représentent généralement des éléments locaux de la faune, de la flore, ainsi que des scènes de la vie quotidienne. C’est la raison pour laquelle l’origine purement égyptienne de cette langue semble être la plus plausible. Cependant, il convient d’ajouter que de très anciennes tablettes écrites en cunéiforme ont été retrouvées en Egypte. Ainsi, certains pensent que les égyptiens auraient repris et adapté le système sumérien. Malheureusement, l’hypothèse est difficilement vérifiable et paraît peu probable étant donné les grandes différences entre les deux types d’écriture.


Pendant des siècles, de nombreux savants ont été tenus en échec devant le déchiffrement des hiéroglyphes. Au début, beaucoup de gens pensaient qu’il ne s’agissait que des simples dessins sans aucun sens. Même si la dimension artistique était aussi recherchée par les anciens égyptiens, elle n’était pas la seule. Il fallut ainsi attendre les années 1810 pour que Champollion parvienne à déchiffrer la mystérieuse écriture. Son génie a été de comprendre que les symboles représentaient non seulement des mots, des idées mais aussi des sons !

Bien entendu, au cours des siècles, l’écriture des égyptiens a connu plusieurs évolutions. Par exemple, les hiéroglyphes que nous voyons sur les monuments et les temples demeuraient en quelque sorte la forme d’expression de l’élite ou des dieux. Compliquée et longue à réaliser, elle était utilisée pour les textes officiels, les récits de bataille du pharaon ou encore les monuments funéraires. C’est pourquoi, une autre forme d’écriture est apparue, plus simple et plus rapide : le hiératique (qui vient du grec hiératikos et veut dire « sacrée »). Elle était très utilisée dans l’administration par les scribes. Cela leur permettait de transcrire rapidement leur document en vue de les archiver par exemple.

Exemple d’écriture hiératique

Devant le grand nombre de textes à écrire, peu à peu, les scribes mirent en place une autre forme d’écriture, encore simplifiée par rapport au hiératique : le démotique. Le mot vient du grec « demos » qui veut dire « populaire ». Le hiératique fut, quant à lui, cantonné aux textes religieux (d’où son nom), remplacé par le démotique au niveau de l’administration.


Exemple de démotique


La dernière évolution de la langue égyptienne fut ce qu’on a appelé le copte. Sur le déclin, cette civilisation a fini par passer sous domination romaine et grecque. Contrainte et forcée, elle dut également se résoudre à adopter le christianisme. Ce brassage ethnique a donc eu pour résultat la langue copte. Le mot faisant aussi référence aux premiers chrétiens de l’Egypte. Directement dérivée du grec, la langue copte comporte tout de même quelques différences. En effet, certains des symboles ne renvoient à aucun son en grec mais s’apparentent plutôt au démotique. C’est la raison pour laquelle, à l’alphabet d’origine de 24 lettres, ont été rajoutées 7 autres graphèmes, directement tirés du démotique. Le résultat fut donc un système de 31 lettres donnant ainsi une nouvelle dimension à l’écriture égyptienne : le concept de majuscule et de minuscule.



Alphabet copte

L’origine grecque de cet alphabet est évidente en comparant ne serait-ce que certains symboles. C’est cette langue qui a grandement aidé Champollion à traduire les hiéroglyphes. En effet, grâce à ses similitudes avec le démotique et en connaissant le copte, il a réussi à remonter jusqu’aux hiéroglyphes et à déduire leur sens. Pour vous donner un exemple de son raisonnement, voici l’évolution d’un caractère hiéroglyphique (à gauche) en démotique (au centre) puis finalement en copte (à droite).



Outre ceux déjà cités, l’utilisation de l’alphabet copte en Egypte s’est accompagnée de nombreux bouleversements sur le plan de l’écriture. Par exemple, dans le cas du démotique, les scribes avaient l’habitude d’écrire de droite à gauche. Suite à l’influence grecque, le sens d’écriture s’inversa pour passer de gauche à droite.

Tout au long de cet article, il a été question de plusieurs formes de langage qui se sont influencées mutuellement, évoluant ainsi vers une autre forme d’écriture. Il serait donc intéressant d’expliquer les mécanismes qui aboutissent à de tels brassages.

Le meilleur moyen pour une culture de s’étendre et d’accroître son influence, était d’emprunter les routes commerciales. L’autre solution restant bien entendu les guerres et les conquêtes. En général, si une civilisation venait à en conquérir une autre, elle lui imposait ses normes culturelles. Ainsi, à travers les flux humains et marchands, les méthodes d’écriture s’influencèrent et évoluèrent lentement. Selon Louis-Jean Calvet, auteur spécialisé, c’est le processus qui a abouti à la formation de plus de 140 000 formes de langage depuis le début de l’histoire de l’humanité. Lorsqu’une civilisation ou une population entre en contact avec une langue et une écriture, elle l’assimile puis se l’approprie. C’est grâce à ce processus que nous avons actuellement de nombreuses déviances pour une même langue : ce que l’on appelle des dialectes. Selon sa zone de couverture, l’un pouvait s’imposer par rapport à l’autre et s’étendre pour finalement être adopté de tous. Ce fut par exemple le cas du babylonien, un dialecte de l’akkadien.

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Lundi 22 juin 2009 1 22 /06 /Juin /2009 22:38

L’écriture préislamique

C’est Bishr Ibn Abdel Malek Al-Kendy qui introduisit l’écriture à la Mecque. Il avait appris l’alphabet nabatéen des tribus arabes qui habitaient les régions de Hirah et d’Anbar. Plusieurs textes arabes manuscrits datant de la période préislamique ont été retrouvés. A cette époque, seuls les juifs et les chrétiens de la Péninsule arabique possédaient outre leurs livres sacrés des livres écrits en hébreu et en syriaque. Avec le début du septième siècle, on assiste dans la région du Hegaz à la naissance d’un style graphique propre à la langue arabe, la calligraphie arabe était née.

Evolution de la calligraphie arabe

Avec l’Islam qui a voulu très tôt rompre avec l’oralité, l’écriture devint par conséquent un moyen de communication essentiel. Le Coran étant révélé aux musulmans en arabe, cette langue s’universalisa épousant les contours de l’immense empire qui avait été conquis au cours des VII e et VIII e siècles.

Au temps des califes

Les signes cursifs et les motifs géométriques s’imposèrent peu à peu, stylisant peu à peu l’écriture et l'amenant ainsi vers un graphisme très élaboré. Les arts plastiques qui ne pouvaient plus s’exprimer dans la représentation mimétique proscrite par l’Islam tendèrent dès lors vers ce que certains orientalistes contemporains comme Jacques Berque ont identifié à une forme d'art abstrait, ce qui représente un téléscopage dans la mesure où la calligraphie revêt une fonction essentiellement religieuse et non pas esthétique. En outre, tout est ici mis au service du texte, de la parole et non évidemment le contraire, la motivation n'est pas de faire une oeuvre d'art mais de rendre la perception matérielle du texte sacré tout ensemble belle et lumineuse, ici le beau se veut la splendeur du vrai comme disait Saint Augustin. Le système des points pour distinguer certaines lettres n’avait pas encore été instauré, ce qui fut cause permanente de confusion. Une réforme formelle de l’alphabet était donc nécessaire. En 688, Aboul Aswad Al Du’ali fut le premier à employer des points pour différencier certaines lettres, il institua également un système vocalique. Plus tard, en 786, Al Khalil Ibn Ahmed Al Farahidi instaura un système vocalique différent qui à partir du début du onzième siècle fut universellement adopté. Ce système comprenait six signes discriminatoires appliqués à l’« Alef », à savoir : Fathah (a), Dammah (u), Kasrah (i), Sukun (non vocalisé), Shaddah (consonne double) et Maddah (voyelle prolongée).

Les Omayyades

La période omayyade représente une période transitoire. L’art d’écrire en koufi était devenu un savoir-faire qui se professionnalisa, de là naquirent les calligraphes. Le calife Abdel Malek Ibn Marwan avait lui-même inventé un nouveau système de signes qu’il appela mansoub.

La période abbasside

Abou Ali Ibn Muqlah, qui fut vizir de trois califes abbassides, avait développé des règles strictes de proportionnalité entre les lettres de l’alphabet qui avait été définitivement fixé. Il créa les styles du naskh et de thuluth, et inventa le koufi cursif, perfectionné plus tard par Ibn El Bawwab, un exégète irakien du Coran.

La période fatimide

La calligraphie prit un nouvel essor sous les califes fatimides qui fut remarquablement mise à contribution dans l’architecture califale qu’elle fût religieuse ou palatine. De cette manière l’enjolivure ou la décoration étaient conjuguées au message religieux dont le contenu spirituel sautait pour ainsi dire aux yeux. Les Fatimides fondèrent une école de calligraphie.

La calligraphie arabe en Egypte durant l’âge moderne

Le khédive Ismail avait appelé Abdallah Bek Zohdy pour calligraphier le tissu qui servait à couvrir la Ka’aba de La Mecque. Ce dernier s’installa en Egypte et devint un des pionniers de la renaissance calligraphique. Le roi Fouad fit appel au calligraphe Mohamed Abdel Aziz pour produire un Coran. Ce dernier élut domicile en Egypte et y fonda une école de calligraphie et de reliure.

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Lundi 22 juin 2009 1 22 /06 /Juin /2009 22:37
Les Ottomans dominèrent le monde islamique à partir de la défaite Mamelouk de 1517. Ils étaient renommés pour leur amour de la calligraphie et surent assimiler toutes les traditions calligraphiques et ornementales arabes et perses.



Les écritures officielles


Le Shekasteh (forme brisée) fut la première écriture spécifiquement ottomane issue par ailleurs directement de la tradition persane. Ce style est caractérisé par une compacité exagérée due à des ligatures étroitement jointes, et à des verticales très basses et très penchées, et à une absence de signes vocaliques. Le Shekasteh-amiz est son écriture sœur ornementale et a été surtout utilisée dans les chancelleries et les administrations officielles alors que le Shekasteh était réservé aux lettres personnelles et à la correspondance d’affaires.

Le Diwani est une écriture développée au XVe siècle, fortement cursive (à l’excès diraient certains) et dont les lettres sont dénuées de points et liées inhabituellement ensemble.

L’élaboration définitive du Jeli Diwani date de cette époque également. La principale caractéristique de ce style réside dans des ornements abondants et des procédés décoratifs variés qui n’ont pas néces-sairement de valeur ortho-graphique. L’ensemble se présente comme une masse solide et structurée, formant des rectangles droits ou légèrement courbes, ou bien d’autres figures géométriques.



Pour conclure: divers styles

L’écriture Ghobar (poussière) connue sous le nom de Ghobar al-Halbah est attribuée à al-Ahwal qui la fit dériver du Riyasi au IXe siècle. Elle consiste en des minuscules lettres rondes qui ont emprunté certaines caractéristiques au Tholoth et au Naskhi. Elle a été créée pour écrire des messages pour pigeons voyageurs mais a ensuite été très utilisée par les Ottomans pour la calligraphie des Corans de petites tailles: on a pu écrire le Coran (77.934 mots) sur une coquille d’un œuf de poule.

On peut enfin citer toute une série d’écritures secondaires d’intérêt divers:

  • le Zoulf-iarous, la “mèche de la mariée”, est un style dont les lignes sont épaisses et se terminent en fins épis qui provoque de petites boucles;
  • le Goulzar est la technique qui consiste à remplir l’espace intérieur des grandes lettres au moyen de divers procédés ornementaux;
  • le Mothanna ou Aynali est l’art de l’écriture miroir, dans laquelle l’unité de gauche reflète celle de droite;
  • la calligraphie zoomorphique consiste à disposer l’écriture de manière à dessiner un animal voire végétal;
  • le Toughra est un procédé calligraphique qui connut la notoriété en devenant l’emblème des sultans ottomans. Il consiste en une sorte de cryptage inimitable. Dans ce procédé, les premières lettres sont particulièrement proéminentes et forment une base compacte dont sont projetés des appendices, les dernières lettres du nom. Généralement, pareilles signatures sont assez peu lisibles et le sont d’autant moins que les premières lettres sont disporportionnées;
  • le al-Khatt al-Sunbali écriture lourde et stylisée peu utilisée;
    le Harf al-Nar qui ajoute à ces caractéristiques, comme son nom le suggère, des langues de feu;
  • le Siyaqat, enfin, est une graphie fonctionnelle, créée par les Ottomans pour les institutions du gouvernement, et surtout pour les bureaux délivrant des patentes ou tout autre document commercial ou financier. Elle est caractérisée par des lignes lourdes et droites ainsi qu’une relative angularité.
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Lundi 22 juin 2009 1 22 /06 /Juin /2009 22:35
Les écritures maghrébines


Au Maghreb, l’Occident islamique, des formes spécifiques d’art furent développés; la calligraphie n’échappa pas à cette tendance. C’est ainsi, que le Coufique occidental se développa vers 670 à Kairouan. Ce Coufique est sensiblement plus arrondis que son homologue oriental et surtout fait preuve d’une plus grande cursivité grâce à ses courbes bien déterminées et ses demi-cercles presque parfaits.


De ce Coufique, nacquit le Maghribi, une écriture cursive qui surpasse en délicatesse les autres cursives orientales par la finesse de ses lignes, la liberté coulante de ses courbes ouvertes, la clarté et la rondeur de ses boucles et par-dessus tout, par les fioritures accusées sous les lignes qui lui confèrent une qualité unique d’intégration. Un autre aspect du Maghribi est que ses déliés se terminent invariablement par une légère courbe vers la gauche, en une fin assez émoussée, tandis que ses pleins ont une ligne effilée dont les courbes, tournées aussi vers la gauche, peuvent se prolonger jusqu’à l’aire du mot situé au-dessus.


On distingue quatre styles de Maghribi que sont le Qayrawani, l’Andalousi, le Fasi et le Soudani:

  • le Qayrawani dénote une légère ressemblance avec le Naskhi et a de très courts déliés. Une variante monumentale est utilisée dans les Corans.
  • l’Andalousi est plus compact et plus délicat que les autres styles. Originaire de Cordoue, il fusionna avec le Fasi lorsque les Arabes durent quitter le sol espagnol.
  • le Fasi (de Fez au Maroc) est de plus grande dimension que l’Andalousi et est moins décoré que ce dernier.
  • l’écriture Soudani a d’abord été créée à Tombouctou vers 1210 avant de se développer en Afrique sub-saharienne. Écriture favorite des peuples musulmans de cette région, ses lignes sont plus épaisses et ses lettres plus denses que le Maghribi issu du Fasi et de l’Andalousi.

 

Les développements calligraphiques tardifs

L’effondrement de l’Islam arabe face aux invasions mongoles, la conversion des princes mongols à l’Islam, ont freiné le développement artistique mais ne l’ont pas stoppé. Certains princes mongols comme Timour et son fils ont été de grands mécènes. Tandis que plus à l’ouest, en Egypte, les Mamelouks se faisaient les champions de la continuité calligraphique.

En Perse, au XVIe siècle, l’écriture Taliq fut créée à partir d’une écriture ancienne cursive sans prétention. Dérivée du Riqa et du Tawqi, cette écriture sera très prisée des Persans, des Indiens et des Turcs.


Le Nastaliq est une variante du Taliq formée à la fin du XVe siècle et est devenue l’écriture nationale perse. Le Nastaliq se distingue par ses formes arrondies, sa clarté et sa pureté géométrique. Il est également caractérisé par un manque de hauteurs en pointe, des dents dans les lignes horizontales de certaines lettres (sin et shin), un remplissage fréquent du centre des boucles, et la terminaison de la plupart des lettres non liées en traits fins et pointus. Un autre aspect commun est que les courbes montrent un fort contraste dans la largeur de leur ligne qui change brusquement du maximum au plus fin. Il est à noter que cette période est également marquée par la richesse d’enluminure des Corans, réalisés à cette époque en Nastaliq en Perse.


Par ailleurs, se développa en Inde en Afghanistan une écriture cursive mineure, la Bihari caractérisée par la largeur et l’allongement de ses traits horizontaux qui contrastent nettement avec la finesse et la délicatesse de ses lignes verticales. En Chine, l’écriture Sini (chinoise) émergea avec ses lignes très fines et à la rondeur exagérée.

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Lundi 22 juin 2009 1 22 /06 /Juin /2009 22:33
A partir du NASKHI, le calligraphe Ibn Moqlah identifia six styles d’écriture :


Le
Tholoth

Le Tholoth, apparu au VIIe siècle, est une écriture statique et monumentale, essentiellement utilisée à des fins décoratives dans les manuscrits et les inscriptions. Elle a également été utilisée pour la copie des Corans, surtout pour les têtes de chapitre et les colophons. On la considère comme la plus importante des écritures ornementales.


Le
Naskhi

Le Naskhi, dont les origines remontent au VIIIe siècle, est apparue dans sa forme systématisée au IXe siècle. Considérée comme peu élégante, elle était surtout utilisée pour la correspondance ordinaire. Avec l’arrivée du papier, qui remplaça le parchemin, et grâce à Ibn al-bawbab qui en fit une écriture élégante, ce style gagna ses lettres de noblesse et servit d’écriture principale de Corans. À ce jour d’ailleurs, il y a plus de Corans copiés en Naskhi que dans toutes les autres écritures arabes réunies. Elle est presque toujours formée de courts traits horizontaux et de verticales d’égale hauteur au-dessus et au-dessous de la ligne médiane. Les courbes sont pleines et profondes, les jambages droits et verticaux, les mots bien espacés en général.


Le
Mohaqqaq

Le Mohaqqaq était originellement une écriture dont les lettres étaient moins angulaires que le Coufique, avec des ligatures bien espacées; l’ensemble était « produit avec méticulosité » comme son nom l’indique. Avec la découverte du papier autour de 750, l’écriture acquit une certaine rondeur qui la rendit plus facile à tracer et devint l’écriture favorite des scribes. Modifiée par Ibn Moqlah, elle conserva ses déliés allongés sans presque de pleins ni d’enjolivures accusées sous les lignes. Cela en fit l’écriture favorite des Corans de grand format.


Le
Rayhani

Le Rayhani, né au IXe siècle a des liens de parenté certains avec le Naskhi et le Tholoth. Elle est caractérisée par la finesse de ses lettres, finesse accentuée parce que le traits et les fioritures des lettres se terminent en pointes aiguës, et que les signes diacritiques sont très fins et toujours appliqués à l’aide d’une plume différente, dotée d’une entaille beaucoup plus petite. Elle est également considérée comme la sœur du Mohaqqaq car, entre autre, le centre des boucles des lettres n’est jamais rempli. Néanmoins, à la différence du Mohaqqaq, il utilise pleinement les fioritures sublinéaires, comme le Tholoth. Le Rayhani fut surtout prisé pour les grands Corans par les Perses.


Le
Tawaqi

Le Tawaqi (signature) est issu de l’écriture Riyasi, que les califes abbassides utilisèrent pour signer leur nom et leur titre. Plus arrondie que le Tholoth, l’écriture Tawaqi est assez proche de l’écriture Riqa, mais s’en distingue par des lignes plus épaisses, des courbes plus arrondies, ce qui lui donne une apparence beaucoup plus lourde. Elle est également plus grande et plus élégante que le Riqa ce qui en fera une écriture utilisée pour les occasions importantes.


Le
Riqa

L’écriture Riqa (petite feuille) provient à la fois du Naskhi et du Tholoth. La forme géométrique de ses lettres et particulièrement les fioritures des finales, ressemble beaucoup à celles du Tholoth, mais elle est bien plus petite et dotée de courbes plus arrondies et ses Alefs ne sont jamais écrits avec des barbelures. Le centre des boucles des lettres est invariablement rempli, les lignes horizontales sont très courtes et les ligatures structurées avec densité, les finales étant souvent attachées aux initiales. Son emploi fut réservé au courrier personnel et pour les livres profanes de moyen format. C’est aujourd’hui l’écriture manuscrite la plus employée dans le monde arabe.


Le
Tomar

Il est possible d’ajouter à ces six écritures principales, l’écriture Tomar qui aurait été conçue sous le premier calife omeyyade Moawiya (661-680). Ce dernier en fit une écriture royale et est à ce titre une des plus ancienne écritures arabes. Bien qu’elle ait gardé des caractères grands et lourds, elle perdit vers le Xe siècle, son aspect statique et angulaire.

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